Jeudi 5 mars 2009
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11:12
Alors que je suis dans la salle d'attente, j'angoisse à mort, je redoute le moment où le médecin va ouvrir la porte et me faire signe de le suivre. C'est que ça fait 2 ans que je ne suis pas
revenue entre ces murs. Rien n'a changé, toujours les mêmes prospectus, les mêmes cadres au mur, les mêmes posters et écriteaux. Je ne sais pas à quoi je m'attendais, à des moutons de pussière qui
roulent sur le sol ? Tout ça parce que ça fait 2 ans que je n'y ai pas remis les pieds ?
La porte s'ouvre finalement, je me lève, je lui sers la main, et direction son bureau. Là aussi, rien n'a changé. Je m'assois dans le fauteuil de cuir confortable, et je garde les yeux rivés sur mes pieds. Je n'arrive pas à le regarder, j'ai un peu (très) honte, je ne sais pas, revenir ici c'est comme avouer haut et fort mon échec à me dominer et à être maîtresse de mes actes. Pourtant, je sais qu'il ne me juge pas, au contraire, il me pose même des questions pour savoir ce que je suis devenue depuis ces 2 ans.
Question intéressante, tiens, qu'est-ce que je suis devenue ?
La réponse est tout aussi intéressante (mais aussi dramatiquement réaliste) : grosse (crise de larmes n°1).
Voilà.
C'est dit.
Si je suis revenue, c'est parce que je suis retournée 3 ans en arrière exactement, le jour où je me suis assise dans ce fauteuil pour essayer de remettre de l'ordre dans ma vie, dans mes idées et dans mon corps. Force est de constater que je n'ai pas beaucoup évolué finalement. Quoique... pour me rendre un peu justice, certaines choses ont changé : je ne suis plus enfermée dans un boulot qui ne me plaît pas et qui me donne parfois envie de ne plus me lever, je ne suis plus coupée de ma vie sociale, et surtout... je ne suis plus seule. Mais je suis grosse. Donc rien ne va. CQFD.
Bref, me voilà donc, grosse, malheureuse d'être grosse et grosse parce que je suis malheureuse, coincée dans ce serpent qui se mord indéfiniment la queue.
2ème question : qu'est-ce qui vous rend malheureuse ? (crise de larmes n°2)
Ouh là, quelques instants de réflexion, que je rassemble mes idées, parce que bon, je pleure, je pleure, et j'en oublie parfois pourquoi, comme si c'était un automatisme. Comme si une petite voix dans ma tête me disait "ben tu pleures pas là ? ben allez vas-y !"
Alors concrètement qu'est-ce qui ne va pas ?
1) je suis grosse, c'est un fait
2) je suis loin de celui que j'aime, qui m'aime comme je suis (ça me dépasse, mais là n'est pas le propos) et qui essaie chaque jour de me rassurer en me disant qu'il me trouve belle... euh... c'est moi qu'il regarde ? Le problème, c'est qu'on ne voit pas du tout la même chose. Moi je vois un tronc sur pattes, une baleine qui marche et qui parle, une espèce de monstre croisé avec un pachyderme. Lui... ben je ne sais pas ce qu'il voit. Je ne comprends pas ce qu'il voit. Il me regarde avec envie mais je ne sais pas comment il fait. Parfois je me dis stupidement que ses instincts cannibales ressortent et qu'il va juste croquer un bout de mon gras. Mais non, c'est moi qui lui fais envie. Mais, même si je ne comprends pas, ça me fait du bien.Malgré tout, c'est agréable de se sentir aimée, désirée, et de sentir le regard amoureux de l'autre. Sans compter que je l'aime plus que tout.
3) je m'ennuie... j'aimerais faire autre chose de mes journées que de jouer à WoW. J'ai fini mes études fin décembre, ok, je suis auto-entrepreneur, ça c'est fait, mais on ne peut pas dire que les clients se bousculent au portillon. Oui, je sais, il faut un peu de temps pour lancer la machine, mais en attendant, je broie du noir et je reste le cul sur ma chaise à attendre que le temps passe et que chaque journée se termine.
4) je suis encore et toujours la fifille à sa maman. Si je veux faire un truc, que mes parents disent non, bon ben d'accord, non alors. Euh, allo ? Je suis pas censée avoir 25 ans la semaine prochaine ? Ah ben si... Mes parents sont censés avoir encore autant d'influence sur mes décisions ? Ah ben non...
Ca fait 4 raisons d'être malheureuse, et c'est déjà pas mal. Le pire, c'est qu'il y en a 3 que je pourrais résoudre n'importe quand, si seulement j'avais confiance en moi, si j'assumais mon adultisme (fait d'être adulte, oui je sais je l'ai inventé), si je trouvais le courage de dire merde et de me relever.
Je suppose qu'aller chez le médecin, c'est un moyen de demander de l'aide parce que je me noie dans les affres abyssales de ma perdition spirituelle blablabla et qu'il faut qu'on me tienne un peu la main. Parce que toute seule, clairement, je ne suis capable de rien. Du moins pour l'instant.
Me voilà donc avec une liste d'aliments autorisés et interdits aimantée sur le frigo, des boîtes de barres protéinées à manger à des moments précis de la journée, une obligation d'aller faire du sport (hmmm...) et surtout... une envie de maigrir qui ne m'avait pas saisie depuis des mois... parce que j'en ai marre d'être malheureuse, et parce que je sais que si déjà je ne me trouvais pas si dégueulasse, tout irait bien mieux et je me sentirais de taille à affronter le reste.
Objectif donc : perdre euh... beaucoup de kilos.
Etat du régime : Jour 2.
La porte s'ouvre finalement, je me lève, je lui sers la main, et direction son bureau. Là aussi, rien n'a changé. Je m'assois dans le fauteuil de cuir confortable, et je garde les yeux rivés sur mes pieds. Je n'arrive pas à le regarder, j'ai un peu (très) honte, je ne sais pas, revenir ici c'est comme avouer haut et fort mon échec à me dominer et à être maîtresse de mes actes. Pourtant, je sais qu'il ne me juge pas, au contraire, il me pose même des questions pour savoir ce que je suis devenue depuis ces 2 ans.
Question intéressante, tiens, qu'est-ce que je suis devenue ?
La réponse est tout aussi intéressante (mais aussi dramatiquement réaliste) : grosse (crise de larmes n°1).
Voilà.
C'est dit.
Si je suis revenue, c'est parce que je suis retournée 3 ans en arrière exactement, le jour où je me suis assise dans ce fauteuil pour essayer de remettre de l'ordre dans ma vie, dans mes idées et dans mon corps. Force est de constater que je n'ai pas beaucoup évolué finalement. Quoique... pour me rendre un peu justice, certaines choses ont changé : je ne suis plus enfermée dans un boulot qui ne me plaît pas et qui me donne parfois envie de ne plus me lever, je ne suis plus coupée de ma vie sociale, et surtout... je ne suis plus seule. Mais je suis grosse. Donc rien ne va. CQFD.
Bref, me voilà donc, grosse, malheureuse d'être grosse et grosse parce que je suis malheureuse, coincée dans ce serpent qui se mord indéfiniment la queue.
2ème question : qu'est-ce qui vous rend malheureuse ? (crise de larmes n°2)
Ouh là, quelques instants de réflexion, que je rassemble mes idées, parce que bon, je pleure, je pleure, et j'en oublie parfois pourquoi, comme si c'était un automatisme. Comme si une petite voix dans ma tête me disait "ben tu pleures pas là ? ben allez vas-y !"
Alors concrètement qu'est-ce qui ne va pas ?
1) je suis grosse, c'est un fait
2) je suis loin de celui que j'aime, qui m'aime comme je suis (ça me dépasse, mais là n'est pas le propos) et qui essaie chaque jour de me rassurer en me disant qu'il me trouve belle... euh... c'est moi qu'il regarde ? Le problème, c'est qu'on ne voit pas du tout la même chose. Moi je vois un tronc sur pattes, une baleine qui marche et qui parle, une espèce de monstre croisé avec un pachyderme. Lui... ben je ne sais pas ce qu'il voit. Je ne comprends pas ce qu'il voit. Il me regarde avec envie mais je ne sais pas comment il fait. Parfois je me dis stupidement que ses instincts cannibales ressortent et qu'il va juste croquer un bout de mon gras. Mais non, c'est moi qui lui fais envie. Mais, même si je ne comprends pas, ça me fait du bien.Malgré tout, c'est agréable de se sentir aimée, désirée, et de sentir le regard amoureux de l'autre. Sans compter que je l'aime plus que tout.
3) je m'ennuie... j'aimerais faire autre chose de mes journées que de jouer à WoW. J'ai fini mes études fin décembre, ok, je suis auto-entrepreneur, ça c'est fait, mais on ne peut pas dire que les clients se bousculent au portillon. Oui, je sais, il faut un peu de temps pour lancer la machine, mais en attendant, je broie du noir et je reste le cul sur ma chaise à attendre que le temps passe et que chaque journée se termine.
4) je suis encore et toujours la fifille à sa maman. Si je veux faire un truc, que mes parents disent non, bon ben d'accord, non alors. Euh, allo ? Je suis pas censée avoir 25 ans la semaine prochaine ? Ah ben si... Mes parents sont censés avoir encore autant d'influence sur mes décisions ? Ah ben non...
Ca fait 4 raisons d'être malheureuse, et c'est déjà pas mal. Le pire, c'est qu'il y en a 3 que je pourrais résoudre n'importe quand, si seulement j'avais confiance en moi, si j'assumais mon adultisme (fait d'être adulte, oui je sais je l'ai inventé), si je trouvais le courage de dire merde et de me relever.
Je suppose qu'aller chez le médecin, c'est un moyen de demander de l'aide parce que je me noie dans les affres abyssales de ma perdition spirituelle blablabla et qu'il faut qu'on me tienne un peu la main. Parce que toute seule, clairement, je ne suis capable de rien. Du moins pour l'instant.
Me voilà donc avec une liste d'aliments autorisés et interdits aimantée sur le frigo, des boîtes de barres protéinées à manger à des moments précis de la journée, une obligation d'aller faire du sport (hmmm...) et surtout... une envie de maigrir qui ne m'avait pas saisie depuis des mois... parce que j'en ai marre d'être malheureuse, et parce que je sais que si déjà je ne me trouvais pas si dégueulasse, tout irait bien mieux et je me sentirais de taille à affronter le reste.
Objectif donc : perdre euh... beaucoup de kilos.
Etat du régime : Jour 2.
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